Quelles intempéries ?

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wanner 1Hiver 1962/1963.

Une façade du quartier de la "Goutte d'Or" à Paris.

Probablement une conduite d'eau qui a éclaté dans un appartement et qui dégouline, en gelant le long de la façade, j'ai connu ça récemment à Briançon au 53 de la Grande gargouille en hiver 2010.

1963 François 003J'avais douze ans et demi.

On habitait à la campagne à une heure de Paris. (A l'époque, maintenant on met vingt minutes sans embouteillage et ce n'est plus vraiment la campagne)

Sur les bords de seine, comme tous les mômes de mon âge, on faisait les zouaves et nous profitions largement de la nature, les boites à débilité d'aujourd'hui n'existaient pas encore. (Jeux vidéo, émissions télévisuelles débiles et consorts)

Cet hiver là les arbres, surtout fruitiers, éclataient sous le gel, et ça n'a pas duré quinze jours mais trois mois complets. (L'hiver et le froid, pas les arbres)

Bon nombre de personnes de ma génération doivent s'en souvenir.

La Seine était gelée sur une dizaine de centimètres d'épaisseur, le double vitrage n'existait pas encore et le chauffage classique de ces époques c'était le charbon, le bois et le fuel.

Comme ce n'était pas non plus une période d'abondance à la maison il fallait bien s'accoutumer à ces caprices météorologiques, qui ne sont pas si rares ni si exceptionnels.

Donc, chauffage minimum (Mais avec 12° dans une chambre on survit il suffit de rajouter une couverture ou de dormir partiellement habillé) et restriction de beaucoup de choses vitales.

Ce qui serait impensable à ce jour puisque dès qu'un petit pépin vient entraver un départ en vacances ou autres du genre c'est l'affolement et le débit de superlatifs à outrance.

Quand j'entends des gens de mon âge dire que, sur les passages divers d'hivers, ils n'ont jamais vu ça c'est qu'ils sont atteints d'Alzheimer.

glaces-Seine-Pont-Neuf-hiver-1891.jpegPrès du Pont Neuf à Paris.

Le plus vieux de Paris d'ailleurs, premier en pierre sans habitation sa construction dura trente ans, commencé sous le règne d'Henri III il fut achevé sous le règne d'Henri IV.

Mais revenons à nos moutons ou plutôt à nos glaçons que ce pont a dû voir défiler souvent.

La Seine prise par les glaces en 1963, des remorqueurs passaient sans cesse pour éviter la banquise.

La navigation était quasi-impossible et les ingénieurs des ouvrages d'art (C'est ainsi que son classifiés les ponts) devaient se ronger les ongles concernant d'autres pont plus récents mais moins solides.

Les fleuves de France charriaient des mini-banquises flottantes qui frappaient les piles des ponts, il n'a pas gelé qu'à paris.

Sur les côtes de la manche la mer était gelée sur plusieurs dizaines de mètres vers le large, ce qui est presque inconcevable sous nos latitudes de ce côté de l'Atlantique, nos côtes bénéficiant du Gulf Stream, courant chaud remontant des Caraïbes et nous faisant bénéficier de ce climat qui, sous la même latitude en Amérique du Nord, accuse dix degrés de moins à la même période.

A Ris-Orangis, là où j'habitais encore à cette époque, nous traversions la Seine à pied, cette dernière étant entièrement prise par les glaces. (A noter qu'à cette époque l'industrialisation ne rejetait pas encore toutes ses saloperies dans ce fleuve dans lequel on se baignait l'été)

La population était assez dispersée et n'existaient pas encore les phénomènes de saturations immobilières et routières que l'on connait aujourd'hui.

hiver1962Exactement ça.

C'est une Ami 6 qui est sur la Seine, moi j'y ai vu une Deux-Chevaux.

Pas d'alerte météo, pas de catastrophisme, pas de geigneries en tous genres pour toucher des subventions qui n'existaient d'ailleurs pas.

On se marrait bien d'ailleurs parce que ça nous changeait un peu.

2272543 121028NIM2075Maintenant.

Une pellicule de neige et c'est l'alerte générale dans tout le pays, à se demander si on ne va pas mobiliser l'armée pour venir à bout de ces "intempéries".

Image de ces derniers jours prise sur un col "d'altitude" (1100 m) en Corse.

Heureusement que ce n'est pas le Galibier (2646 m), on aurait sorti la grosse cavalerie et encore, nous ne sommes que fin octobre.

De toutes les façons, le col du Galibier ferme dès les premières neiges et rouvre vers fin mai début juin, ce qui ne permet de ne l'emprunter que quatre, voire cinq mois (au plus) par an.

Mais ce n'est pas le plus haut, c'est le col de la Bonette avec 2802 mètres qui est le col "goudronné" le plus haut de France.

Mais ne comparons pas les Hautes Alpes et la Corse, ce n'est pas franchement la même chose.

J'avais déjà fait une page sur les intempéries et le catastrophisme actuel dès les premiers "frimas", c'est quelque part dans plusieurs pages de mes blogs.

1979KaiGreiserAutoroute A7 en 1972.

Pas la peine d'appeler l'armée, c'est trop tard.

Juste prévoir un thermos de café, on ne sait jamais.

Parce que des épisodes neigeux et froids nécessitant le terme d'exceptionnel, il y en a eu et il y en aura encore.

Evidemment j'ai choisi la meilleure image, ce n'était pas comme ça tout le long mais ça démontre que nos angoisses d'aujourd'hui sont de la gnognote en comparaison. (Gnognote : mot péjoratif qui veut dire pas beaucoup d'importance ou de la "rigolade")

A cette époque je travaillais sur un poste d'aiguillages à la gare d'Austerlitz (Gare "terminus" avant sa profonde restructuration pour ceux qui connaissent) en qualité de monteur électricien, utilisé aussi comme chauffeur à l'occasion pour le matériel.

Je voyais passer les trains des voitures qui étaient restées bloquées dans le Sud. (Un peu comme les vaches quoi, mais à Paris)

Il faudra qu'un jour je mette sur ce blog quelques extrait de mon livre, comme ça, rien que pour le plaisir et les quelques "conneries" anecdotiques que j'y inclus.

Oui, j'écris un livre, ou plutôt deux mais comme ça fait plus de dix ans que je suis dessus il reste encore beaucoup à mettre avant que je ne les diffuse si je le fais un jour.

Mais bref comme dirait pépin (Pépin le Bref) (Merde je suis vachement en forme ce soir) passons à la suite.

La météorologie nationale s'est considérablement améliorée et tant mieux mais à force de trop en faire et en dire on ne va plus pouvoir aller "pisser" sans déclencher une alerte inondation.

Il serait temps de revenir à du raisonnable si on veut que nos enfants et leurs descendances ne soient pas à réclamer sans cesse des secours ou autres interventions dès que nos petites vies douillettes sont déréglées par quelques variations climatiques.

Avant on se démerdait avec les moyens du bord et surtout on prévoyait.

Maintenant on s'habitue à la facilité et on appelle au-secours dès le moindres pépin, cet assistanat est néfaste à l'apprentissage de la vie.

2272341 21418-10151187269894192-2017482415-nGrenoble le 27 Octobre 2012.

Franchement rien d'exceptionnel surtout dans l'Isère.

Si cet arbre est tombé c'est certainement plus de par sa fragilité due à la pollution qu'au poids de la neige même lourde, Grenoble en a vu d'autres.

Evidemment c'est un "scoop" télévisuel qui frappe, des images à montrer à ceux qui ne connaissent pas, mais de là à dire que c'est une anomalie je reste dubitatif.

Et puis les autres arbres ? Ils sont plus solides ou ils ont reçu moins de neige, même lourde !

23 02 1956 Toulouse wLa Garonne gelée, Toulouse 1956.

Joindre l'agréable aux désagréments. (A mon avis ils se sont mis là juste pour la photo, je ne vois pas le "kil" de rouge ni les verres et ils sont bien peut couvert pour de telles températures)

Une époque où on ne se posait pas la question de savoir si les locomotives à vapeur déréglaient le climat, ça n'a commencé qu'avec les essais des bombes atomiques puis a continué avec les avions à réaction.

Chaque époque trouve un motif de justifier des changements climatiques par des raisons, parfois, absolument absurdes.

Maintenant, et c'est une de mes récentes pages, la démographie est certainement la seule responsable réelle de ces légers changements qui retrouveront vite leur place.

Ça dépend de tellement de critères !

1963 c - copieEn Avril 1963.

Quelques jours avant l'anniversaire de mes 13 ans.

Le plus grand c'est moi, cet hiver rude qui n'en finissait pas ne m'a pas laissé de séquelles particulières, je m'en serais rendu compte.

Evidemment, les skis de l'époque n'avaient pas grand-chose à voir avec ceux de maintenant pas plus que les chaussures et les bâtons.

Mais c'était une bonne façon de s'acclimater et de supporter ce que maintenant on ne supporte plus, le froid.

Je ne nie pas que les avancées technologiques ont été très efficaces, mais je déplore que l'on se plaigne sans arrêt de l'inévitable qui revient périodiquement.

Ou alors je ne suis pas normal.

Mais là, ce sont les autres qui s'en seraient aperçus et ne m'ont encore rien dit.

6 edited-1 300x0La Loire à Saumur. (Maine-et-Loire ou 49)

Les grands froids reviennent périodiquement, ce n'est pas exceptionnel, en principe sur un cycle de dix ans, 1941-42, 1955-56, 1962-63, 1971-72, 1982-83, 1991-92, 2002 beaucoup de neige en montagne mais peut de froid, 2005-06, 2008-09 beaucoup de neige. Ah ! Nous sommes en 2012 !

Sans conteste le plus froid du 20ème siècle fut l'hiver 1962-63.

Maintenant, il faut relativiser, les époques passées avaient l'avantage d'obliger les gens à parer par précaution et anticipation aux coups de semonces des intempéries.

Cependant les moyens de se réchauffer (je parle pour le commun du peuple) étaient assez rudimentaires et en dehors des montagnards qui construisaient en prévision par des doubles fenêtres (Ce qui a donné l'idée des doubles vitrages de nos jours) et des murs isolés avec de la paille ou de la bouse de vache séchée. (Et si, renseignez-vous, dans mon enfance, en Bretagne, c'était courant aussi pour se chauffer)

Le chauffage électrique était quasi-inexistant si ce n'est les radiateurs à huile et à briques réfractaires. (Qui existent toujours et qui sont très efficaces, même en cas de panne de courant)

La plupart des gens avaient un "Godin" à charbon, ce combustible bon marché était disponible en abondance. (Avant les grandes crises qui ont fermé les mines, surtout dans le Nord. (Syndicats pas innocents déjà, une des raisons de l'importation massive des combustibles carbonifères, pas de grève aux douanes contrairement aux mines. Passons))

Encore ce jour, j'ai entendu des présentateurs du journal de BFMTV parler de vagues de grands froids, ces superlatifs et ces exagérations viennent amplifier un phénomène de crainte pour les jeunes d'aujourd'hui qui n'ont pas encore connu ces périodes très froides.

Alors des intempéries oui, mais il faut relativiser, les new-yorkais en ce moment ne sont pas à la noce et on peut, effectivement dans ce cas, parler de phénomènes exceptionnels.

On ne peut parler d'épisode de froid si ça ne dure que quelques jours, les périodes de grand froids durent plusieurs mois et sont dévastatrices pour les matériaux modernes d'aujourd'hui.

Par contre, pour la nature, c'est une nécessité.

Je suis aussi fort étonné que, depuis des décennies qu'EDF se débat tous les hivers à remettre en place des lignes électriques, basse et moyenne tension, ces dernières n'aient pas encore été enfouis dans le sol ce qui les protègerait de pas mal d'inconvénients qui perturbent très souvent les lignes aériennes ?

En longeant ou sous les routes, ce qui donnerait du boulot à pas mal de monde, de par le travail et par la maintenance au lieu d'envoyer des gars prendre des risques, par tous les temps, pour réparer les dégâts quotidiens de ces périodes difficiles.

Ça existe dans certaines communes et j'en avais fait état dans une de mes pages de ces derniers mois concernant l'anarchie d'installation, à Briançon, des lignes électriques et téléphoniques.

L'évolution c'est très bien et incontournable mais on ne tire pas les leçons du passé, c'est également valable pour les inondations, la plupart détruisent des constructions récentes sur des zones à risque mais qui rapportent pas mal au communes dont les Maires ne sont pas trop regardant. (Peu, heureusement)

En finalité, ce qui est aujourd'hui n'est rien en comparaison de ce qui nous attends, sachons tirer les leçons d'hier.

Demain, Briançon sur deux jours et des photos qui m'ont été envoyées.

Plus tard, après mes vacances à Briançon, retour en 1959. (Sur l'année 1959, je ne voyage pas encore dans le temps, ça, ce sera après ma mort)

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