Pochtrons ? SDF ? Miséreux ? (2)

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La Métamorphose

 

6229930-une-petition-pour-reclamer-un-debat-public-sur-la-s.jpgCe que le monde entier nous envie.

Créé en Octobre 1945, sous le premier gouvernement De Gaulle, la Sécurité Sociale est une des plus belles oeuvres sociales de nos temps modernes.

Longtemps utilisée à sa juste destination elle s'est peu à peu étendue à d'autres objectifs de moins en moins crédibles, du moins dans le contexte défini.

On peut légitimement avancer que le facteur déclenchant de la dérive a été l'élection de François Mitterrand, quand on a commencé à confondre caisse de sécurité sociale et caisse à tout le monde. (Il n'est pas interdit de me reprendre si je suis dans l'erreur (je sens que je vais encore me faire des copains))

L'assistanat des SDF, inclus dans l'assurance maladie, partait d'un bon sentiment sauf que ce fut fait à tort et à travers.

Il y avait, certes, des SDF depuis longtemps, en fait il y en a toujours eu mais pas encore des professionnels.

D'avoir "peut-être" voulu partager ce qui est logique, la bonté et la solidarité, on n'a pas vu le danger d'une telle dérive financière incontrôlable.

Quand les opportunistes pas trop courageux ont saisi cette possibilité de pouvoir "vivre" aux frais de la société le nombre de SDF, vrais ou faux, a explosé.

Les associations diverses qui se sont créées, bizarrement à la même époque, ont amplifié le phénomène, ces associations rémunérées par l'Etat français, donc les contribuables (Ceux qui travaillent bien sûr), se sont trouvées propulsées en avant des mouvements de défense des immigrés et autres "suceurs" voyant dans cette combine un gain facile et très rémunérateur. 

A tel point qu'il est devenu, à ce jour, impossible de savoir qui est vraiment nécessiteux et qui profite du système, c'est la dérive des finances de la "Sécu" alimentée par les salariés mais aussi par les employeurs (En fait la plus grosse part), l'URSAAF.

Ce système a permis a beaucoup de familles, la majorité modestes, de voir en cette "facilité" une bouffée d'oxygène à des finances trop justes, le laxisme familial s'est installé sournoisement, les enfants déscolarisés ont été de moins en moins contraints à aller à l'école ou en apprentissage, l'argent facile induit au laisser aller même si c'est illusoire et de courte durée, (A l'échelle d'une vie familiale, 18 ans pour un enfant, 20 pour deux, 21 à 22 pour trois, etc. suivant le nombre d'enfants et la volonté ou non de ces parents à les assumer) nombreux sont ceux qui y croient jusqu'à l'effondrement parce que je ne connais pas une seule famille qui se soit enrichi avec les allocations familiales en dehors des rares fraudeurs.

C'est cette facilité et cet affichage public qui a renforcé la fable d'avoir des enfants pour bénéficier d'allocations familiales, si c'est effectivement ce qui est pour quelques-uns c'est loin de faire une généralité mais les fables ont la peau dure.

Ces familles, assistées pour presque tout, se construisent un univers illusoire qui ne repose que sur la prise en charge de leurs dépenses courantes (Loyer, énergies diverses, scolarité, bon d'achats divers, etc.), en effet, dans certains cas les prestations familiales sont dilapidées en conneries diverses, surtout l'alcool, les cigarettes et les jeux à gratter, ces familles sont un "retour" pour l'Etat qui retrouve, à travers ces dépenses inutiles et les taxes qu'elles génèrent, partiellement sa mise sauf que cette mise ne retourne pas dans la caisse de la "Sécu".

La déchéance familiale est inévitable, la déconstruction familiale suit, les conflits internes se multiplient et génèrent des excès d'alcoolisations ou autres causes similaires.

Les enfants, dans ce contexte, ne peuvent plus se construire, ils suivent le convoi en perdition en espérant secrètement que, plus tard, ils seront autrement, le rêve d'un gosse défavorisé c'est de sortir de son enfer familial. Vers onze/douze ans on se sent déjà capable d'affronter la vie quand on vit en enfer.

Dès l'âge de quatorze/quinze ans ce bourgeon qui éclos trouve sa coquille familiale trop étroite, les contacts divers, au collège et/ou dans la rue l'incite à sortir de cet univers qu'il sent déjà en impasse.

Il traîne après les cours pour ne rentrer que le plus tard possible, il va dormir chez des copains, il rentre à reculons anxieux de la tâche à accomplir, de la "branlée" qu'il va prendre mais, habitué, il ne sent plus les coups depuis longtemps.

Le pas est vite franchi surtout s'il a commencé à tâter de l'alcool ou/et de la drogue, l'effet d'entrainement est constitué, la dérive prend forme. (Je met "il" par définition, c'est la même chose pour les filles, voire pire à cause de la prostitution facile)

 

15-enfants-SDF-sont-decedes-en-France-l-an-dernier visuel aUn enfant prostré devrait toujours attirer l'attention.

Et pourtant c'est l'ignorance et le rejet qui prévalent, ce n'est certes pas agréable d'avoir à faire à un être aux réactions épidermiques qui vous rembarre ou/et vous insulte si vous tentez de l'approcher, il s'est construit un univers d'auto-défense qui le rend agressif et il rejette sur la société ce qu'il ne peut faire vis-à-vis de sa famille, j'en ai tellement vu de ces oubliés de la société, surtout quand je conduisais le RER.

J'en ai connu aussi étant gosse, certains copains qui vivaient dans une porcherie, au père ou/et à la mère alcoolique, incapable de discernement dès 10h00 du matin, des gosses esclaves qui prenaient en charge les frères et soeurs en lieu et place des parents, ce n'est pas d'aujourd'hui mais dans les années 1950/60 il n'y avait pas l'assistanat intensif qui entretient ces "êtres" dans ce faux confort sociétaire.

Il est fréquent de trouver des mineurs prostitués, fille ou garçon (12 à 18 ans), appâts faciles pour adultes pas trop regardant, il y a des secteurs pour çà, rue Sainte Anne à Paris (du moins jusqu'en 1990), la Madeleine, les Tuileries, place Denfert, Boulevard des Batignolles, Pigalle, le Bois de Boulogne, etc. Pas difficile à repérer mais plus difficile à convaincre de revenir à la vie normale quand on arrive à pourvoir leur parler, ils repèrent vite ceux qui ne sont pas "clients".

La plupart se prostituent pour aider financièrement la famille, souvent les parents le savent mais ne disent mot, cet univers clos est très solidaire, la prostitution c'est comme l'alcool, le plus dur c'est la première fois, après c'est une routine.

Ceux qui rentraient dans la vie d'adulte s'en sortaient plus facilement parce qu'il n'y avait rien d'autre, peu dérivaient définitivement comparé à aujourd'hui où le financement de la fainéantise confortent les candidats de plus en plus nombreux.

 Le service militaire obligatoire fut d'un grand secours à ces potentiels désoeuvrés, ils rentraient dans la vie d'adulte en ayant appris le sens du respect, de la hiérarchie et du devoir, mots devenus désuets dans notre monde actuel puisqu'il n'y a plus de repère, même pas à la tête de l'Etat ou l'appât du gain est devenu le principal facteur pour accéder aux fonctions politiques.

J'en veux beaucoup à Jacques Chirac d'avoir aboli la conscription, dans la continuité du laxisme induit par son prédécesseur il y a mis la plus grosse pierre.

La métamorphose de l'enfant en souffrance à celui d'adolescent rebelle puis en jeunes anti-tout se fait sur ces manques d'autorité, quand l'autorité n'existe plus la porte est ouverte à tous les abus et tout devient permis.

 

Capture d’écran 2014-11-10 à 14.45.12Passer de quinze à dix huit ans c'est rapide.

L'alcool est devenu le copain incontournable, même si ce n'est pas encore à hautes doses c'est déjà une forme de réconfort comme la drogue est l'échappatoire aux problèmes, juste le temps que l'effet se disperse.

Après il faut trouver de l'argent pour racheter du rêve et de l'oubli, là aussi la prostitution devient facile, ce ne sont pas les drogués qui sont responsables, ce sont ceux qui les alimentent et les pouvoirs publics qui se trompent de cible.

Les structures sociétaires ne sont pas assez solides pour contenir cet exponentiel phénomène, les rixes sont de plus en plus nombreuses, les suicides et les meurtres aussi.

Le suicide des jeunes a pris une ampleur inquiétante, cette sortie définitive n'est qu'un des résultats d'un abandon de l'Etat de ses responsabilités, les gesticulations à l'Assemblée Nationale ne sont pas en mesure d'apporter des solutions, palabrer quelques heures devant les caméras pour ensuite rentrer dans son univers doré en n'étant pas soucieux de l'état des fins de mois n'incite pas à la compassion.

Deux mondes si proches et si éloignés, qui se côtoient sans se connaitre, les premiers pour le gain, les autres par dédain des institutions qui ne sont pas faites pour eux.

Il faut suivre "guignol" le mercredi ou sur la chaine "Sénat" ou LCP (Egalement par Internet, ce que je fais). "Guignol" c'est l'appellation donnée à ces séances des députés, souvent intéressantes, parfois comiques ou navrantes et quelquefois décevantes.

J'y aperçois quelques fois notre député local, Mr Joël Giraud, mais je n'ai pas encore eut le plaisir de l'entendre, soit il n'intervient jamais soit je ne regarde pas au bon moment, donc impossible de savoir s'il est efficace ou pas.

Comme il n'a pas daigné répondre à ma demande de RDV (Si toutefois il en a eut connaissance, sa secrétaire doit le savoir) j'en déduis qu'il choisit ses interlocuteurs dans son électorat préférentiel, une forme de démocratie dont nous nous sommes habitué depuis deux ans et demi, jusqu'à il y a peu je pensais qu'il n'y avait que le maire de Briançon qui refusait l'entrevue, le champ s'élargit.

Mais je persiste à croire que l'un ne fonctionne pas comme l'autre, ne serait-ce que de regarder l'état des deux villes, même au sein du même parti politique.

Revenons à notre sujet.

 

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Marginaux.

Cette appellation fait peur à beaucoup de monde, y sont associés, à juste titre, drogues, alcool, violences, crasses, débauches, prostitution, larcins.

Mais si on approche, si on commence à entamer la conversation, pas vindicative, rester diplomate et philosophe, on s'aperçoit vite que ces gens ignorés, dédaignés, sont à la recherche du contact pour sortir de cette marginalisation dans laquelle ils se sont enfermés.

Il m'est arrivé, il m'arrive encore d'ailleurs, de parler avec ces gars ou filles (Plus difficile elles sont méfiantes et plus distantes mais il y a très peu de filles qui tournent à la "cloche") sur des sujets anodins pour ensuite aborder du plus concret les concernant.

Bien sûr ça ne se fait pas instantanément, il faut une approche, il faut ne pas s'imposer en donneur de leçon ou moralisateur, une petite attention aide bien, une pièce, une cigarette (Je ne fume pas ce qui rend difficile ce don) voire payer une bière ou un verre de vin, ça dépend de l'état de l'interlocuteur.

J'ai ainsi pu vérifier que le parcours d'enfance est souvent similaire, les marginaux sont soit dans la rue soit en taule parce qu'ils ont dépassé la ligne jaune.

Un gratteur de guitare, dans la rue, n'est pas un gars agressif ou dangereux, il fait la manche mais il a un but, un objectif qui ne s'éteindra qu'à la résolution ou l'abandon total.

 

ces-jeunes-suprennent-un-sdf-en-allemagne 153439 w620Pas encore foutus

L'effet de groupe permet de s'auto soutenir, juste se demander combien de temps.

 

les-pancartes-des-sdf-revisitees 656362 580L'humour est salvateur.

Ou du moins il entretient l'espoir.

Mais à propos, combien savent ce que c'est que d'être dans la rue ?

Quand j'écris dans la rue c'est la situation dans laquelle se trouve une personne qui n'a pas d'objectif de fin de journée, pas de toilettes pour y faire ce qu'on a à y faire, pas de salle de bain pour se laver, pas de télé pour suivre ne serait-ce que l'actualité, pas de lit pour y dormir, pas de chauffage pour n'être pas transit, pas de frigo où prendre un peu de nourriture.

Fermez les yeux, imaginez juste un instant cette situation où vous vous retrouveriez subitement totalement démuni, plus de clef de chez soi, plus d'espoir d'avoir un repas chaud trois fois par jour, l'angoisse qui laisse quelques idées d'en terminer.

Les expédients qui font s'insurger des tas de gens ne sont que les seules aides de ces gens délaissés. (Concernant ces cas bien précis)

De l'enfance on est passé par la marginalisation et la rue, la marge est étroite, la porte est toujours grande ouverte contrairement à celle du retour

Heureusement, si on peut dire, il y a les chiens, difficile de comprendre surtout quand on n'en a pas, ce qui est mon cas, mais leur seul réconfort c'est cette fidélité qui est indestructible, ça permet plusieurs choses, de n'être pas totalement seul, de n'être pas emmené par les "bleus" et d'attirer plus facilement l'attention parce que le paradoxe c'est que les passants s'apitoient plus facilement sur le sort du chien que sur celui de son maître partant de l'idée que celui qui est à la rue l'a voulu.

C'est parfois le cas, pas la majorité, certains marginaux sont dehors par choix personnel mais ont de quoi s'abriter par mauvais temps.

Sur le RER j'ai eu l'occasion de discuter avec certains, une semaine à faire la manche rapporte plus que d'aller bosser et c'est net d'impôt, la CMU, le RSA et les stations ouvertes en hiver pour être au chaud. Mais c'est spécifique à Paris (Peut-être d'autres grandes villes, je ne me suis pas renseigné) zone fortement urbanisée.

Ça ne les rend pas riche, l'argent est vite envolé et puis la plupart ont le sens du partage, ils n'hésitent pas à donner à leur compagnons d'infortune, ce qui ne se voit pas dans la société dite civilisée.

Il y a aussi une origine enfantine difficile, un choix intéressant pour ceux qui n'ont pas trop envie d'aller bosser mais ça ne dure pas longtemps.

 

saleCertains vivent à plusieurs.

Dans des squats ou des logements délaissés par les propriétaires (Si, j'en connais personnellement) bien que ces derniers assument les charges foncières.

J'ai eu l'occasion d'en voir, de ces appartements (Ou maisons) dans des états pas possible, je ne parle pas de ménage négligé mais de décharges au sens propre du mot, à Paris je donnais quelques victuailles à certains, entrer dans ces lieux relève de l'exploit, du moins au début, on s'habitue à tout surtout aux odeurs.

En général ils sont cinq ou six dans ces lieux, souvent des studios ou assimilé, parfois par couple, les "paillasses" d'un côté et le reste de l'autre, comme sur cette photo.

Inutile de préciser que les odeurs accompagnent, surtout quand il y a les chiens avec.

Et tout çà ça copule sans vergogne et sans hygiène, le miracle de la nature c'est qu'ils n'attrapent rien, ou presque rien, il faut dire que pour les défenses immunitaires le terrain est de choix.

Ceux que j'aidais avaient entre 17 et 32 ans, un mineur qui avait fait ce choix, sortant d'une famille qui vivait de la même façon, c'est du moins ce qu'il m'a dit.

Les critères de protection de l'enfance n'étaient pas les mêmes que maintenant, si toutefois on peut assimiler un jeune de 17 ans à un enfant, la limite ne dépend pas de l'âge mais de la façon de se démerder dans la vie, vous avez des enfants de 30 ans et des adultes de 16.

 

lm03 1512192 5 px 640Le passage. (toutes ces photos sont sur Internet)

Quand l'individu concerné a dépassé le stade de la prostration et de l'espoir il bascule dans une vie nouvelle qui n'a plus rien à voir avec un fonctionnement sociétaire, il se construit son propre environnement et ses propres règles.

Souvent pris en charge par les services bénévoles des grandes villes ils bénéficient de soins partiels, ils arrivent à se laver de temps en temps et à avoir de quoi manger tous les jours.

Le reste sert à acheter les cigarettes, l'alcool et la drogue. La stade de la prostitution est dépassé, trop vieux, trop sale, trop démoli déjà par la vie

 

2014-11-08-Pochtrons 5963A Briançon.

On en a aussi, certes pas aussi caractéristiques que ceux des grandes villes mais tout aussi marginalisés.

Ils sont à la bière dès 8h00 du matin mais c'est un anabolisant incontournable dans leur cas.

Je les ai vu jeter leur canettes à terre, mon premier réflexe a été de leur dire qu'il y a des poubelles à dix mètres mais j'ai joué l'apaisement puisque tout ce qui est conseil ou information est transformé en agression, pour eux la société les laisse tomber alors que c'est le contraire mais on ne peut tenir l'impossible.

 

2014-11-08-Pochtrons 5980J'ai ramassé quelques canettes vides.

Pour les mettre à la poubelle, ça n'a pas été apprécié mais ils ne m'ont rien dit.

Je n'ai pas tout ramassé, ce n'est pas mon boulot et puis beaucoup de ces canettes sont là depuis des semaines.

Ce sont des hommes de 30/35 ans, encore vigoureux, légèrement agressifs.

il y en a d'autres à la gare, un m'a dit bonjour, je lui ai répondu par le mien, cette amorce de dialogue est révélatrice d'une volonté de ne pas se croire totalement écarté par la société.

Il fumait dans la gare, ce qui est interdit mais si je lui en avais fait la réflexion il se serait braqué. Un gars qui n'a pas 25 ans.

Ces âges sont encore la meilleure parade pour tenir.

C'est l'étape la plus "facile", on a dépassé le stade de la déprime et pas encore atteint celui de la déchéance.

Jusqu'à l'âge de 30/35 ans ils sont à l'abri des misères maladives, l'alcool et le tabac (Voire la drogue mais les drogués ne dépassent que rarement 30 ans) n'ont pas encore fait les ravages corporels qui vont vite amener à la déchéance physique.

Mais il n'y a pas que l'enfance malheureuse qui fabrique des marginaux et des clochards, il y a aussi les accidents de la vie, de plus en plus nombreux (Perte d'emploi, divorce, maladie, décision judiciaire, anciens détenus, etc.)

Le problème de ces derniers c'est qu'ils ne se sont pas habitués, dès leur jeunesse, à "tomber" dans la précarité et l'abandon, ce sont les plus vulnérables et ceux qui décèdent le plus souvent et très vite (Suicide, maladie, agression, etc.), de ceux-là aussi j'en ai vu, surtout à Paris bien sûr mais pas que.

Ceux qui dépassent 35 ans en étant toujours à la rue sombrent dans une autre forme d'existence, ce sera ma prochaine page sur le sujet.

A bientôt.

 

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Publié dans Société

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